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Osons nous tourner vers les autres

Je tenais tout d’abord à vous remercier pour les nombreux retours qui me sont parvenus suite à la news du mois de juillet, je ne m’y attendais pas ! Je suis heureuse d’avoir osé vous partager cet épisode de ma vie, et j’espère que cela insufflera un peu de courage à celles et ceux qui ont besoin de se confier, mais qui n’osent peut-être pas le faire…

Il est clair que ce n’est pas un exercice évident… Se montrer vulnérable, c’est montrer une part sensible de soi-même. Mais n’est-ce pas justement cette sensibilité qui nous touche ? Au cinéma, n’aime-t-on pas encore plus les super-héros lorsqu’ils nous dévoilent leurs faiblesses ?

La vie en société nous impose un schéma où nous montrons peu nos émotions. Est-ce dès lors compatible avec une relation sincère ?

Et si nous étions avec les autres tels que nous sommes réellement ?

Je pense qu’il est important d’être dans la congruence. C’est lorsque l’on est aligné et en accord avec soi-même, lorsque l’on met en cohérence ce que l’on pense, ce que l’on ressent, ce que l’on dit et ce que l’on fait, que l’on peut jouir d’une relation authentique avec l’autre.

En montrant davantage nos émotions, on fait tomber les barrières qui existent. En s’ouvrant à soi-même, on s’ouvre aux autres.

Comme je vous le disais le mois dernier, nous sommes toutes et tous amenés à vivre des événements difficiles. Certaines personnes s’entourent pour trouver du réconfort, d’autres ont plutôt le sentiment que nul ne peut les comprendre, et choisissent de traverser la tempête seules. Parfois, elles se dissocient de leurs émotions, parce que cela fait trop mal, elles se referment sur elles-mêmes et traversent ces traumatismes en mode « guerrier ». Et ce fut mon cas à plusieurs étapes de ma vie.

Je n’étais pas prête à ce qu’un 14 février, on demande à mon père s’il souhaitait se faire amputer pour éviter la gangrène. Je n’étais pas prête non plus à ce qu’on m’appelle d’urgence pour venir me faire opérer d’une grossesse extra-utérine.

On a souvent tendance à minimiser ses propres malheurs. À se dire que, comparé aux autres, on n’a rien vécu. « De quoi te plains-tu ? Les grossesses extra-utérines, ça arrive tous les jours, le médecin qui a avalisé ta sortie à l’hôpital te l’a dit ! »

Et pourtant… Nous avons toutes et tous notre sensibilité, nous avons des vécus différents. Ce n’est pas parce que d’autres vivent des défis que nous n’avons pas le droit de ressentir de la souffrance.

Ne pas rester seule ou seul est important, oser demander de l’aide aussi…

Durant cette étape difficile de ma vie, j’ai eu la chance d’être entourée par mon compagnon, ma famille, mes voisins, mes amis, certains clients restaurateurs et tout le cercle IEPRA, et je me suis rendu compte à quel point j’avais de la chance d’avoir toutes ces personnes autour de moi.

Soyons là les uns pour les autres, et ouvrons l’œil… La vie nous envoie parfois des signes pour nous dire que nous ne sommes pas seuls.